Projet pluridisciplinaire autour de la figure de la 'Comtesse de Die' ou 'Beatriz' de Die, femme troubadour du 12e siècle. D'abord un projet musical inspiré par son œuvre 'A Chantar...', le projet a provoqué de nombreux questionnements artistiques, sociétaux, politiques sur la place des femmes à l’époque, et de la visibilité des femmes dans la société contemporaine. Le site sera régulièrement mis-à-jour à partir d'avril 2019.

Le projet de recherche

Projet mené par Amonah Achi, Caroline Villond et Kate Fletcher

Béatrice de Die illustre l’effacement et l’invisibilisation des femmes de notre mémoire, de notre espace public, de notre héritage culturel commun. Il n’est pas anodin d’appeler « patrimoine » cet héritage culturel commun, tant les hommes y sont omniprésents. Le mot de « matrimoine » est repris dans les années 2010 afin de créer un parallèle féminin à « patrimoine », désignant ainsi les biens, matériels ou immatériels, ayant une importance artistique ou historique hérité des femmes (https://fr.wikipedia.org/wiki/Matrimoine). Cependant, le terme est plus ancien: il apparaît en 1155 en ancien français, sous la forme de matremuine, puis matremoigne, avant de devenir matrimoine en 1408. Il désigne au départ les biens maternels au sein d’un mariage. Dès 1405, il est utilisé par Christine de Pizan au sens d’héritage culturel des femmes dans son livre La Cité des dames (https://fr.wiktionary.org/wiki/matrimoine). On pourrait donc voir dans le matrimoine « la mémoire des créatrices du passé et de la transmission de leurs œuvres » (citation du site de l’association HF: http://www.matrimoine.fr/quest-ce-que-le-matrimoine/), qui serait le pendant de l’attention portée aux hommes célèbres qui font le patrimoine. C’est important de visibiliser des femmes qui auraient été célèbres si elles avaient été des hommes, mais est-ce suffisant? Faut-il élargir la définition de matrimoine, pour non seulement changer les acteurs en actrices, mais aussi pour proposer un autre scénario non plus centré sur des personnalités exceptionnelles dans la sphère publique, mais sur un labeur collectif et quotidien dans la sphère privée?

Ne faut-il pas ajouter aux créatrices du matrimoine non seulement toutes les créatrices anonymes, mais surtout toutes les femmes anonymes qui dans leur travail non reconnu de femmes œuvrent à un héritage culturel commun non spectaculaire, ordinaire, faisant partie de la sphère reproductive (les langues maternelles, les savoirs développés et transmis entre femmes autour des soins, des plantes, de la reproduction, des semences, de l’alimentation, des textiles, etc.) ?

Ce projet tentera d’apporter une définition plus large de matrimoine que celle proposée par HF par le biais d’une approche participative : nous inviterons des chercheuses à apporter leur vision du matrimoine, en croisant des regards locaux et venus d’ailleurs, lors d’un cycle de conférences dédiées à ce sujet.

Matrimoine-en-Diois I, une cartographie.

Recensement et cartographie de la visibilité des femmes dans l’espace publique. Noms de rues, monuments, stèles. Zone géographique :

Recoupements avec d’autres recherches parallèles du même genre dans d’autres régions, d’autres villes.

Retour à la communauté des communes.

Matrimoine-en-Diois II, enquête & propositions

A Die, propositions pour des noms de rues au féminin. Développement.

Le site

Un processus de recherche multi-facettes sous-tend le processus créatif. Parce que ce riche p/matrimoine est peu valorisé localement, nous souhaitons rendre disponible ces informations à ceux ou celles qui souhaitent en savoir plus sur la Comtesse de Die, les troubaritz ou les questions annexes. Nous réfléchissons dès maintenant à une ‘Musée Beatriz’ (en ligne)…

Proposition locale d’un programme de Conférences pour les journées du Matrimoine (septembre 2019-2020)